La disparition de la vache du berger et de sa charette
Les habitants nommaient autrefois certaines de ces zones les « Fontenils », un ancien terme désignant de petites sources ou des terrains humides alimentés par des eaux cachées. Mais tous savaient qu’il fallait s’en méfier : sous l’apparente tranquillité des prairies verdoyantes se cachaient en réalité des poches de sable gorgées d’eau.
À certaines saisons, après de fortes pluies ou les crues de la Loire, le sol devenait instable. Les animaux pouvaient s’y enliser, et l’on racontait même que des charrettes entières avaient disparu dans ces terres molles, sans jamais être retrouvées.
Les anciens disaient :
« Les sables mouvants des Fontenils étaient si profonds qu’ils avaient englouti d’un coup un peuplier, une vache, un berger et même un charretier avec son cheval et sa charrette !»

Archives numérisées
Aujourd’hui encore, la légende des Fontenils continue de fasciner les habitants du Loiret et les amoureux des mystères ligériens. Même si la plupart des récits appartiennent évidemment au folklore, ils témoignent d’un rapport ancien entre les hommes et leur environnement. Les sources d’eau et les terrains instables ont toujours nourri l’imagination humaine.
Dans les campagnes françaises, les légendes servaient aussi d’avertissement. En racontant que des esprits habitaient les Fontenils, les anciens protégeaient peut-être simplement les enfants et les voyageurs contre des zones réellement dangereuses. Mais comme toutes les grandes légendes, celle-ci dépasse la simple explication rationnelle.